mardi 25 novembre 2008


Triste Flic, Hugo Hamilton, Phébus, traduit de l'anglais (Irlande) par Katia Holmes, 248 pages.
Pat Coyne, le triste flic soliloquant les yeux dans la stout, fait partie du mobilier de l’Anchor Bar, un pub du port de Dublin. On peut dire que le bonhomme est dedans jusqu’au cou ; rescapé d’un incendie dans l’exercice de ses fonctions ses blessures lui ont values d’être mis sur la touche. Souffrant depuis d’une belle collection de désordres émotionnels – nervosité, sautes d’humeur -, Coyne vit séparé de sa femme avec son fils Jimmy, 19 ans. Communication malaisée entre un père pilier de bar et un fils qui semble emprunter la même voix. Il demeure pour sa psychothérapeute chargée de juger son aptitude à la reprise de son poste un cas bien épineux.
La routine s’est installée ; routine que notre triste sir ne semble pas avoir envie de briser de si tôt…
Mais lorsqu’on repêche des eaux du port le cadavre raide de son vieux pote et alter ego Jimmy Nolan, que les chalutiers véreux se reconvertissent dans le business et l’exploitation plus lucratifs de travailleurs Roumains… Et que la disparition de son fils semble liée à ces sombres affaires, Pat Coyne sort de sa léthargie et ses sautes d’humeur deviennent bien légitimes !

Avec Triste Flic, un roman noir à l’humour acide, Hugo Hamilton nous entraîne dans un Dublin truculent, fort en gueule mais mal-à-l’aise ; une population qui subie de plein fouet les affres d’une mondialisation à outrance : trafic d’êtres humains, raréfaction du poisson dû à la pêche extensive des navires-usines, fast-food poussant comme des champignons, grands magasins « tueurs-de-ville ». L’auteur y dépeint la société de consommation extravagante et son inévitable flot de réprouvés, la perte de repère des jeunes générations… Bienvenue dans l’Irlande eurosceptique !

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