Le Village de l' allemand, ou le journal des frères Schiller. Boualem Sansal, Gallimard, 263 pages.
Les frères Schiller, Rachel et Malrich, sont deux jeunes hommes, débarqués d’Algérie ; à la fin des années 70 pour l’un, au milieu des années 80 pour l’autre, tous deux accueillis chez leur oncle et tante dans une cité de la banlieue parisienne.
Nous sommes en 1995. L’Algérie connaît une guerre sans nom ; les islamistes terrorisent la population : attentats, faux barrages, et massacres de villageois sont presque quotidiens. En France, dans les banlieues, les fous de dieux tentent d’imposer un radicalisme religieux haineux.
Le « village de l’allemand », c’est Aïn Deb, perdu en Algérie, dans la région de Sétif, village natal des deux narrateurs. L’allemand, Hans Schiller, dit Si Mourad, marié à Aïcha Majdali est le père de Rachel et Malrich. Moudjahid lors de la guerre d’indépendance, c’est à Aïn Deb qu’il s’était installé dans les années 60.
Aïn Deb ne sera pas épargné par le G.I.A. Les parents de Rachel et Malrich sont sauvagement assassinés avec une cinquantaine de villageois.
Rachel, brillant représentant d’une multinationale, se rend sur les lieux du drame afin de se recueillir. Il découvre alors l’impensable dans la maison des défunts parents : une malle renfermant des médailles de la Waffen SS et le carnet militaire d’Hans Schiller, ingénieur chimiste dans les camps de la mort.
Les deux frères sont brisés par la douleur et la culpabilité d’être les rejetons d’un officier allemand qui participa activement à la Shoah et qui n’expia jamais ses crimes. Ils relatent dans leur journal la tentative désespérée de retrouver les faits et gestes d’Hans Schiller, de son rôle lors de l’épisode le plus sombre de l’histoire de l’humanité, à sa fuite en Algérie en fuyant par les pays du moyen orient.
C’est un grand livre que nous offre l’écrivain algérien Boualem Sansal. Un roman poignant, sincère, basé sur une histoire authentique. Vous vous souviendrez du Journal des Frères Schiller.
samedi 15 novembre 2008
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